Après les révélations de Solidaire, Rudi Thomaes (FEB) dit tout et son contraire
« Le président de la Fédération des Entreprises de Belgique peut-il tenir deux discours totalement différentes sur le climat pour les entreprises en Belgique ? » Cette question, c’est le magazine financier Trends qui cela pose cette semaine.
Reprenant la révélation de Solidaire: « L’hebdomadaire du PTB a placé dans son édition du 18 février les déclarations de Leysen totalement opposées : celle où il parle de la Belgique comme d'un pays où il est difficile d'entreprendre, avec un handicap salarial lourd et un marché du travail peu flexible et d'autre part, celle où il prétend qu'il s'agit d’un pays disposant d’un climat d’investissement exceptionnel tel que décrit dans la nouvelle brochure de la Chambre de commerce belgo-japonaise, la BJA. »
Trends a demandé à Rudi Thomaes, administrateur délégué de la FEB, son avis sur le grand écart de son président. Thomaes n’y voit « pas vraiment d’inconsistances »: « Le rapport du BJA apporte seulement d’autres accents. Sur base des mêmes faits et chiffres mais dépendant du contexte pour lesquels ils doivent servir, vous avez d’autres accents »
David Pestieau, le rédacteur en chef de Solidaire, évoque dans une réaction le « double discours » de Leysen. Pour l’opinion publique, Leysen décrit un cauchemar pour les entreprises et prévient que « toute hausse des charges affectera notre compétitivité et donc l’emploi». Pour les investisseurs, il annonce que la Belgique est un paradis fiscal : «la Belgique a l’impôt sur les sociétés le plus bas du monde.».
« S’agit-il simplement « d’autres accents » ? Non c’est de la duplicité et de l’hypocrisie. La réalité montre que c’est la version destinée aux investisseurs qui correspond aux faits. » réagit David Pestieau.
A AB Inbev, la filiale Cobrew du groupe n’a payé via les intérêts notionnels que 2,38% d’impôts. Soit un cadeau fiscal de 70 millions d’euros. A Carrefour, le centre de coordination a fait 381 millions de profits sur lequel il a payé 0,008% d’impôts. Un cadeau fiscal de 129 millions. Pourtant Rudi Thomaes prétend à Trends : « L’affirmation que les entreprise ne paieraient pas d’impôts ou recevraient de gros cadeaux, est absolument non fondée » Ah bon ?
Un salarié moyen de Carrefour paie pourtant proportionnellement 3700 fois plus d’impôts que le centre de coordination de l’entreprise.
Et tout ceci n’empêche pas ces multinationales de licencier. Au contraire. A Carrefour c’est aujourd’hui 5000 emplois qui sont menacés. Le secteur bancaire a supprimé 3000 emplois l’an dernier mais BNP-Paribas vient d’annoncer 5,8 milliards de profit et Dexia 1 milliard.
Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB dénonce « les larmes de crocodiles de nos ministres qui se déclarent impuissants face à chaque restructuration. Pour reprendre ensuite ensemble la chansonnette de Leysen : ‘nos coûts salariaux sont trop élevés ’, ‘les cotisations patronales doivent baisser’ ».
Raoul Hedebouw : « Or plus on donne de cadeaux aux grands patrons, plus ils restructurent et licencient. Qui croit qu’un loup peut devenir un végétarien ? Qu’il ne faut pas lui mettre une muselière ? L’Etat doit-il continuer à donner de l’argent à des entreprises qui croulent sur les dividendes ? Non, il doit leur interdire de licencier. C’est le sens de notre proposition de loi Inbev (www.loi-inbev.be) que nous avons lancé récemment »
Service de presse du PTB
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David Pestieau
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