16.06.09 12:17 | Il y a : 267 days |

Au Nord, la N-VA maître du jeu ?

La victoire de la N--VA et son éventuelle participation au gouvernement flamand risquent de donner une tournure communautaire aux restrictions budgétaires dans la Sécurité sociale et les services publics.

Herwig Lerouge

La N-VA, parti séparatiste flamand, est passé de 5 % à 13 %. Son président De Wever y est pour beaucoup. Il a pu utiliser sa popularité pour faire passer son discours démagogique nationaliste : faites payer la crise aux travailleurs des autres régions du pays. Le thème de sa campagne était : la Flandre se sortira mieux de la crise sans la Belgique et sans les francophones. Une partie des électeurs, dont pas mal d'anciens du Vlaams Belang, l’ont suivi.

Dès le 7 juin au soir, tous les présidents de parti flamands reprenaient le thème de la réforme de l’État qui n’avait pourtant pas été à l’avant-plan pendant les élections : d’après eux, cette réforme serait nécessaire pour affronter la crise. Comme si une Flandre disposant de plus de compétences pourrait empêcher la fermeture d'Opel Anvers et du secteur textile, ou le chômage économique au Port d'Anvers suite à la crise mondiale.
Mais les partis politiques flamands ont choisi la fuite en avant. Et Bart De Wever en est le moteur. Il veut l'indépendance flamande et il a une stratégie. C'est celle qu’il a pratiquée avec Leterme en 2007 et 2008 : laisser pourrir la situation.

Il veut jouer sur trois tableaux.

1. Exploiter au maximum les compétences déjà existantes du gouvernement flamand. La Flandre a déjà la possibilité de réduire dans une certaine marge les impôts.  « Il faut le faire davantage» dit la N-VA.

2. Il faut oser « dépasser les lignes » dit De Wever. Il propose de créer une assurance hospitalisation flamande ou des allocations familiales flamandes. Ce qui n’est pas légal car la Sécurité sociale est fédérale. Pour vendre cette scission, il s'insurge contre le fait que « les gens payent déjà 28 % des frais médicaux de leur poche ». Au niveau fédéral, la NV-A s'oppose farouchement au maintien de la norme de croissance de 4,5 % des dépenses en soins de santé. Mais au niveau flamand, elle fait semblant de s’intéresser à la facture d'hôpital du patient.

3. La N-VA veut mettre sous tutelle le gouvernement fédéral en attendant que les partis francophones soient eux-mêmes demandeurs d’une réforme de l'État pour des raisons financières. Il propose de ne pas contribuer à l’effort demandé au gouvernement fédéral qui a pourtant de plus en plus de problèmes pour maintenir en équilibre les caisses de la Sécurité sociale. Déjà avant les élections, le gouvernement flamand avait mis comme condition absolue pour venir au secours du budget fédéral 2009, la réalisation d’une réforme de l'État sérieuse.

Une nouvelle occasion se présente aujourd’hui. Van Rompuy a annoncé qu'il va demander aux régions d'aider à résoudre le problème budgétaire. Si les régions ont leur budget en équilibre ou même en boni, cela contribue à diminuer le déficit global de la Belgique. Guy Quaden, gouverneur de la Banque Nationale, a dit que toutes les entités du pays devront contribuer à l'effort budgétaire. La Flandre devra, dans ce contexte, fournir « des efforts additionnels », a-t-il dit.

Mais le ministre-président flamand Kris Peeters a répondu que le gouvernement flamand s'efforcerait d'atteindre l'équilibre, sans promettre que les budgets des années difficiles 2009 et 2010 ne seraient pas dans le rouge.

Le gouvernement flamand peut donc à nouveau exiger de nouvelles compétences pour la Flandre, en échange d’un soutien financier pour résoudre les problèmes budgétaires fédéraux.

Du côté francophone, de plus en plus de voix, particulièrement au PS, s’élèvent en faveur des concessions. Jean-Claude Marcourt, ministre sortant de l’Économie wallonne, a déjà un accord avec le ministre Vandenbroucke sur la régionalisation de la politique de l’emploi. Le vice-président du PS Moureaux juge une nouvelle réforme inévitable.


Réagir ?

Pas de commentaire

Ajouter un commentaire

* - champ obligatoire

*





*
*