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25.08.09 16:23 | Il y a : 340 days |

Carte blanche :: Que fait Ecolo dans cette galère ?

Depuis l’installation des coalitions de type olivier (PS-Ecolo-CDH par ordre d’importance) en Wallonie et à Bruxelles, une question fondamentale ne manquera pas de tarauder le citoyen. Quel changement attendre de ces nouveaux exécutifs ?

Florian Basté

La proclamation des castings ministériels aura laissé plus d’un observateur perplexe. La gauche serait-elle marginalisée à l’intérieur du parti vert francophone ? Sans pouvoir apporter, à l’heure où ces lignes seront rédigées, de réponse définitive à cette question, un certain nombre de constats s’imposent. En Wallonie, l’absence de Bernard Wesphael, seul député écologiste du Parlement wallon ayant voté contre le Traité constitutionnel européen (TCE) de sinistre mémoire, s’est retrouvé évincé du gouvernement wallon. Deux transfuges du fédéral (en l’occurrence, Philippe Henry et Jean-Marc Nollet) ont pris place au sein du gouvernement wallon. S’il convient, bien entendu, de ne pas se livrer ici à un quelconque exercice de dénigrement des personnes, autant en convenir d’emblée : il y a avait mieux comme signal à envoyer à l’opinion publique en termes de renouvellement des pratiques de la classe politique. Dans la même veine, on épinglera également la non-désignation de Zoé Genot comme chef de groupe Ecolo à la Chambre.

Bien sûr, ce ne sont pas les individus qui font la politique d’un parti. Jetons, dès lors, un coup d’œil sur les engagements concrets des oliviers bruxellois et wallons. On n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise. Ou d’une mauvaise. Sans plus attendre, ouvrons la boîte de Pandore des déclarations de politique régionale bruxelloise puis wallonne.

En Wallonie, l’avènement de l’Olivier coïncide avec la mise en œuvre d’un Plan Marshall 2. De ce dernier, nous retiendrons trois axes qui risquent de poser problème à l’avenir. Tout d’abord, l’avenir de l’industrie wallonne. Côté déclaration de principes, pas de problèmes. Le Gouvernement wallon œuvrera, pour un pôle européen de l’acier. Mais en réalité, la Déclaration de Politique Régionale n’envisage que « la transition vers le développement durable de ces secteurs traditionnels tout en permettant le développement de nouveaux secteurs ». Des milliers d’emplois dans les secteurs traditionnels de l’industrie wallonne (sidérurgie, verre et chimie) seront-ils, à l’avenir, sacrifiés ? Est-ce là un projet progressiste ?

Ensuite, l’emploi. Le Bureau du Plan annonçait, il y a peu, qu'entre 2009 et 2011, « le taux de chômage devrait passerait de 11,8 % à 15,2 %, ce dernier taux constituant un record historique d’après-guerre ».  Bref, de plus en plus de chômeurs (800.000 pour être précis en 2011) et de moins en moins de boulot. On trouve pour chacune des offres d’emploi du Forem 30 ou 40 candidats en moyenne. Un record. Et que veut faire le gouvernement wallon ? La réponse est dans la Déclaration de Politique Régionale. « Le Gouvernement envisagera la possibilité d’accélérer la prise en charge des demandeurs d’emploi en vue de réduire le délai dans lequel est conclue une convention d’accompagnement après l’inscription comme demandeur d’emploi ». Cette démarche de contrôle des chômeurs ne créera aucun emploi mais permettra de sanctionner à tour de bras des chômeurs que l’on présentera comme responsables de leur trajectoire. Pendant ce temps, les magnats de la finance qui ont mis l’économie en faillite profiteront, en toute quiétude, de leurs parachutes dorés ou de leurs bonus. Cherchez l’erreur.

Enfin, côté pouvoir gouvernance, les objectifs affichés par l’Olivier sont bien minces. Le recours aux consultants privés par le gouvernement, coûteux pour le contribuable, continuera à être pratiqué. Et le cumul des mandats politiques avec des fonctions d’administrateurs dans des compagnies privées ou des entreprises publiques continuera à être toléré. Cela dit, la Déclaration de Politique Régionale nous prie de nous extasier : à l’avenir, un ministre wallon devra se contenter… de son salaire de ministre. Pour peu, on les plaindrait. Quand le personnel politique wallon (en ce compris, Ecolo) s’engagera-t-il à ce que les salaires des ministres et parlementaires ne soient pas supérieurs à trois fois le salaire moyen d’un travailleur ?

A Bruxelles, on notera, dans le chef de l’Olivier bruxellois, la volonté d’instaurer un bail à durée indéterminée de 9 ans dans le logement social. La mesure est littéralement « la plus imbuvable et la plus antisociale du programme » selon le Syndicat des locataires. Car si, au terme de ces neufs années, les revenus d’un ménage dépasse de moins de 10% les conditions donnant droit à un logement social, le bail ne sera pas prolongé. Vu le niveau des loyers à Bruxelles, on peut craindre que ces ménages “trop favorisés” - selon l’Olivier bruxellois - ne rejoignent la masse des précarisés et mal logés de la ville. Les pauvres seront-ils les seuls à porter l’effort de solidarité à Bruxelles ?

Question : que fait donc Ecolo dans cette galère ?

 


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