11.12.07 11:01 | Il y a : 4 yrs
| Thème: Pauvreté/Riches, Gouvernement, Syndical

Six mois : la période d’essai est terminée, la parole est à la rue

« Je continuerai à défendre notre programme avec obstination. Même si la formation du gouvernement dure 300 jours. » Pour Yves Leterme, on peut encore attendre jusqu’à début avril pour avoir un gouvernement… Peu importe que votre facture d’énergie et les prix des aliments explosent. La priorité no 1 serait la réforme de l’État. Pas du tout sûr que c’est la priorité de ses 800 000 électeurs, ni des autres.

David Pestieau

Le message que les syndicats lancent avec leur manifestation de samedi est un message d’espoir. (Photo Solidaire, Salim Hellalet)

Mais le parti de Leterme a visiblement d’autres intérêts à satisfaire. Quatre jours avant l’offensive Leterme du week-end dernier, l’organisation patronale flamande Voka lui a lancé un signal fort : « Sans une réforme de l’État, la formation d’un nouveau gouvernement est impossible. Cette réforme pourrait être atteinte pour la Saint-Valentin (14 février) »

Leterme a répondu à ce cri d’amour patronal. Comme en décembre 2006 quand il avait retranscrit, presque mot à mot, dans le programme du cartel CD&V-NVA, le mémorandum des patrons flamands concocté quelques semaines plus tôt. Ce programme est clair : « L’histoire de cette régionalisation est une histoire de droite. La Voka veut des baisses de cotisations patronales (ce que les patrons paient comme salaires indirects à la sécurité sociale,ndlr). Pas pour améliorer la sécu en Flandre ou pour aider les pauvres… », a expliqué Rudy De Leeuw, président de la FGTB.

Pas à pas, on assiste à une véritable stratégie de pourrissement. Les dérapages verbaux (comme la comparaison faite par Leterme entre la RTBf et la Radio Mille Collines, radio des génocidaires rwandais) visent à mettre de l’huile sur le feu. Pour ensuite affirmer, dans une fausse marche arrière, qu’il faut négocier une scission inévitable. Les six mois de négociations n’ont pas servi à rien, annonce fièrement Leterme. « Chacun, cha-cune (aussi du côté francophone) réalise maintenant qu’une réforme de l’État doit venir. » Chacun ? Enfin les grands partis. Pas l’homme de la rue qui n’a jamais été consulté.

 C’est là que se trouve la responsabilité de ces grands partis traditionnels, des deux côtés du pays. Ils ont soutenu, ou à tout le moins laisser faire, ce scénario. Ils s’invectivent dans une logique primaire des francophones contre néerlandophones. Ils cachent à l’opinion ce véritable agenda caché.

 Le message positif lancé par les syndicats avec la manifestation de ce samedi est tout autre. Il va permettre de donner la parole à la rue. Car après six mois, messieurs Leterme, Reynders, Verhofstadt, votre période d’essai est terminée. Comme dans tout autre job.

 Il est temps de prendre d’autres priorités, d’autres types de décisions. Pour le pouvoir d’achat, pour une autre répartition des revenus. Mais aussi le maintien d’une sécurité sociale fédérale, de conventions collectives nationales, qui sont aussi des questions vitales pour le pouvoir d’achat. C’est ce message que vous pourrez porter samedi dans les rues de Bruxelles. Faites-le, c’est le moment.

David Pestieau - Rédacteur en chef
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Hebdomadaire du Parti de Travail de Belgique | bd M. Lemonnier 171, 1000 Bruxelles | 37e annee n°47 [1682) du 12 décembre 2007

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