La Liste Dedecker réclame 7 812 euros au président du PTB, Peter Mertens
Pour six affiches "surcollées", la Liste Dedecker porte plainte et réclame 7 812 euros de dommages et intérêts au président du PTB, Peter Mertens.
Le 27 mai 2009, à 22 h 36, c’est passablement frustré que le président provincial (Brabant flamand) de la LDD, Freddy De Keyser, se pointe au commissariat de police d’Aarschot. Il vient de s’apercevoir que six affiches de la LDD ont été surcollées près de l’église. On peut encore voir la photo d’Anne De Baetzelier, mais on ne peut plus déchiffrer son nom. À toutes fins utiles, Freddy a photographié les affiches surcollées et a amené les épreuves au commissariat.
Il fait rédiger un PV et insiste pour que le n° de compte (001-5370318-86) de la « LDD Brabant flamand » soit repris sur ce même PV, ainsi que la mention « Nous voulons un dédommagement. » Quelques heures plus tard, le devis est déjà prêt. La LDD introduit tout simplement la facture de tous ses imprimés électoraux supplémentaires pour le Brabant flamand, soit 7 812 euros (sans TVA), que la LDD entend imputer au président du PTB.
La Ville d’Aarschot prend la chose très au sérieux. D’après elle, il s’agit d’une infraction au règlement de police méritant une Sanction administrative communale (SAC). Un fonctionnaire affecté aux SAC précise qu’il s’agit une « infraction » à l’article 74 section 12 du règlement de police. Le rond-de-cuir conseille d’infliger une amende à Peter Mertens, le président du PTB. La sanction est adressée par recommandé au siège central du PTB à Bruxelles. Ivo Flachet, avocat du président du PTB, fait immédiatement opposition. C’est désormais à la Ville d’Aarschot de décider quelle suite elle va donner à cette opposition.
La bassesse du parti des détectives privés* : alimenter la caisse du parti avec le pognon des adversaires
« Ceci témoigne d’une étroitesse d’esprit incroyable », déclare Peter Mertens, le président du PTB. « Nous pouvons citer des dizaines de villes et de communes où les affiches du PTB ont été surcollées par les équipes de la LDD. Pour Dedecker, tout est pour ainsi dire permis : rouler aussi vite qu’on veut, fumer n’importe où, etc., mais, quand une affiche est collée de travers, ils prennent d’assaut les commissariats de police pour porter plainte. Le photographe Freddy De Keyser sollicite sans doute un emploi comme détective privé au service du big boss Jean-Marie Dedecker himself. »
Surprenant aussi, le montant phénoménal : 7 812 euros. « La LDD veut nous imputer tous ses frais d’impression supplémentaires pour le Brabant flamand. Ils ont tout simplement présenté la facture de leur bureau de communication comme devis des dommages. Manifestement, la LDD remplit sa caisse électorale avec le pognon de ses adversaires politiques », s’exclame Peter Mertens indigné. « Pour moi, cela représente plus de cinq mois de salaire. Mais je ne verserai pas un centime. »
Où allons-nous si désormais, les présidents de parti peuvent être mis à l’amende à tout propos ?
Mais il y a plus, dans cette affaire. « Il s’agit d’une question de principe. Je ne sais pas qui a collé cette affiche "Non au cirque politique" à l’église d’Aarschot. Pas moi, en tout cas. Durant la campagne électorale, je n’ai pas mis un pied à Aarschot et, dans la semaine du 25 mai, j’avais un débat chaque soir. Ça, les détectives privés de la LDD auraient quand même dû pouvoir le vérifier. L’article 77 du règlement de police d’Aarschot, dit que les « contrevenants » peuvent être punis d’une « amende administrative ». Je ne suis pas contrevenant et je n’ai donc pas l’intention de payer quoi que ce soit. Où allons-nous si, désormais, les présidents de parti peuvent être mis à l’amende pour n’importe quoi ? C’est tout simplement une caricature de tout principe de droit », ajoute encore le président du PTB.
* rappelez-vous que Jean-Marie Dedecker avait engagé un détective privé fin 2008 pour faire suivre Karel De Gucht, à l’époque ministre des Affaires étrangères



