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09.03.09 16:51 | Il y a : 3 yrs
| Thème: Dossier crise, Aviation, Liège, En direct des entreprises

TNT - Liège Bierset :: Crise ou pas crise?

Après une progression constante tant en volume de travail qu’en chiffre d’affaires, la compagnie de courrier express TNT affirme être touchée à son tour par la récession. Info ou intox ?

Correspondant sur place

Des grévistes au piquet de TNT lors de la journée nationale d’action pour le pouvoir d’achat, le 6 octobre 2008. (Photo Solidaire, Antonio Gomez Garcia)

Bierset, 2007. L’aéroport de Liège s'est hissé à la 24e place des aéroports de fret les plus importants du monde. Il était 60e en 2006. TNT, principale compagnie implantée sur cet aéroport, a réalisé un chiffre d’affaires de 11 milliards d’euros, avec un bénéfice net de 986 millions d’euros. En février 2008, TNT prévoyait une croissance de la marge bénéficiaire, malgré les difficultés financières aux Etats-Unis. A peine un an plus tard, la compagnie de courrier express est touchée à son tour par la récession économique.

Des pertes ?

On pourrait croire que l’entreprise ne fait plus de bénéfice. Rien n’est moins vrai. Pour le troisième trimestre de 2008, le bénéfice net est toujours de 113 millions d’euros ! Pourtant, la direction de TNT Bierset fait circuler des bruits alarmants : bénéfice en baisse, volume des marchandises en baisse… Juste assez pour préparer les travailleurs à accepter des mesures que, sans ce contexte, ils auraient refusées.

La direction invoque une diminution de 15 à 20 % du volume de marchandises transportées pour diminuer le volume du personnel. Comme toujours, les premiers remerciés sont les intérimaires et les contrats à durée déterminée. Mais la direction n’en reste pas là. En effet, dans un premier temps, elle annonce qu’il y a un surplus de personnel et qu’il faudra dès lors licencier. Après négociation avec les syndicats, qui veulent préserver le volume d’emploi, le chômage économique est proposé aux ouvriers de l’Eurohub  avec une compensation financière pour pallier en partie la perte de salaire. Une polyvalence accrue est également imposée : quand les travailleurs ont terminé leur travail, ils sont envoyés en renfort sur d’autres postes. Des superviseurs supplémentaires ont été engagés pour veiller à ce que personne ne reste sans rien faire : on presse le citron. « Avant, plus vite on avait fini, plus vite on pouvait aller se reposer, fumer une cigarette, boire un café… Maintenant, plus vite on a fini, plus vite on peut aller travailler ailleurs. Et pas question de lever le pied, puisque le superviseur met la pression. Cela explique peut-être pourquoi le taux de maladie a augmenté ces derniers temps. »

Le chômage économique n’entrera pas tout de suite en application. Tout d’abord, les ouvriers doivent épuiser (d’ici juin) les récupérations d’heures supplémentaires. Au cas où la crise s’accentuerait, on pourrait chômer une semaine sur cinq. En net, un ouvrier pourrait perdre 10 % de son salaire, mais si on compte en brut (pécule de vacances, prime de fin d’année, pensions,…), il pourrait perdre jusque 30 % pour les jours non prestés.  

Ce n’est pas aux travailleurs de payer

En temps de crise, des choix clairs doivent se faire. Aujourd'hui, beaucoup d'entreprises abusent de la crise. Ils veulent licencier des milliers de travailleurs, pendant qu'ils versent des milliards de dividendes : crise pour les travailleurs, mais fête pour les actionnaires. Et si on faisait autrement ? Par exemple, supprimer les dividendes en 2009. Si on versait cet argent dans un fonds pour l'emploi, tous les emplois pourraient être maintenus et les travailleurs en chômage économique pourraient recevoir une allocation équivalente à 100 % de leur salaire.