Bpost : « L’extrémisme de la Commission ne rend service qu’aux actionnaires »
La Commission européenne remet en question les aides publiques reçues par Bpost. Qui doit rembourser 420 millions. La note pourrait encore être plus salée. « Le service public et 2 500 emplois au moins sont menacés. Ce nouveau diktat de la Commission doit être refusé », estime Gérard Mugemangango, responsable Poste du PTB.
Service de presse du PTBBpost accomplit de nombreuses missions de service public comme le paiement des pensions à domicile, la distribution du courrier électoral, la vente des timbres fiscaux ou la distribution des journaux. Pour ces missions, Bpost perçoit une aide de l’État belge, soit un subside annuel de 321 millions. Des concurrents privés (la poste allemande et sa filiale DHL) estiment que cela provoque une « distorsion de concurrence » et ont porté plainte auprès des instances européennes pour remettre en question ce soutien public.
« Or là où le privé fait de la distribution, les travailleurs sont souvent payés au noir. Certains doivent parfois commencer avant 4 h 30 du matin, car, au-delà de cette heure, il y a le risque d’un contrôle de l’inspection sociale », rapporte Gérard Mugemangango sur base de témoignages recueillis chez les postiers.
« Depuis des années, l'Union européenne impose un agenda de libéralisation du secteur. Jusqu’à présent, l’Union européenne était encore obligée d’accepter un minimum : le service universel. Sous pression des syndicats et de l’opinion publique. Mais la crise est utilisée pour faire tomber ce minimum », analyse le responsable du parti de gauche.
Gérard Mugemangango : « Un verdict limitant encore le service public est illégitime. Sous prétexte qu’il faut sortir de la crise, la Commission prend des mesures qui étaient restées longtemps au placard, notamment se débarrasser de ce qui reste du service public. L’extrémisme de la Commission ne rend service qu’aux actionnaires privés. »
Bpost reçoit des subsides de l’État belge pour des prestations de service public et pour assurer un service postal les cinq jours de la semaine et sur l’ensemble du territoire. « Rien de plus normal estime Mugemangango. Nous payons des impôts pour avoir ce service. Nous ne sommes pas obligés d’accepter tous les diktats européens. En Norvège, la pression pour garantir la qualité du service et des conditions de travail humaines a permis d’obtenir un moratoire pour arrêter le processus de libéralisation. » Avant de conclure : « La grève générale du 30 janvier portera aussi cet enjeu : celui de s'opposer aux diktats de la Commission qui touchent à l'index, au budget et aux services publics.»
Service de presse du PTB
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Raoul Hedebouw



