Le PTB dénonce la fausse réforme des pensions des parlementaires : « Une carrière complète après... 27 ans. »
Pendant que le gouvernement s’apprête ce jeudi à forcer un vote sur la réforme des pensions pour la grande majorité de la population, et devant le flot de critiques contre leur propre système de pensions, des partis politiques au Parlement évoquent une réforme de leur système de pension. « De la poudre aux yeux », estime le PTB.
Service de presse du PTB« On comprend pourquoi des parlementaires n’ont pas de problèmes de voter des réformes qui vont faire travailler de deux à quatre ans de plus quand eux-mêmes ont une pension complète après... 15 ans de carrière », ironise Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB. Qui met les points sur les i : « En ce moment, on entend souvent qu’un parlementaire touche une pension complète après une carrière de 20 ans. C’est faux, comme l’a montré notre service d’études. Le système actuel est basé sur un calcul en tantième. Le tantième des parlementaires est de 20 - ceux des gouverneurs de province est de 12, des magistrats 30 ou 35, des professeurs d’université 30, des enseignants 50 ou 55, et de la majorité des fonctionnaires 60.
Un fonctionnaire reçoit une pension complète dès qu’il atteint les 3/4 de son tantième (Loi de 5 août 1978 de réformes économiques et budgétaires, M.B. 17 août 1978). Pour les simples fonctionnaires, cela veut dire travailler 45 ans (45/60 = 75 %). Pour les parlementaires, cela signifie travailler 15 ans et pas 20. »
Raoul Hedebouw: « Devant une telle aberration rendue publique ces derniers jours, le gouvernement annonce qu’il va réformer ce système. Mais notre service d’études l’a calculé : la réforme que Van Quickenborne veut faire passer (faire passer le tantième à 36 ans pour les parlementaires) signifie qu’un parlementaire atteint sa pension complète après 27 ans de travail (27/36 = 75 %). La différence avec les simples fonctionnaires (pension complète après 45 ans de travail) reste donc très importante. On peut difficilement parler d’une réelle réforme des pensions des parlementaires. Et il ne faudrait que cette pseudo-réforme soit utilisée pour faire passer la réforme globale des pensions qui est imbuvable. »
« Plus que jamais, nous demandons le retrait du plan Di Rupo-Van Quickenborne et soutenons la grève générale des services publics de ce jeudi, conclut le porte-parole du parti de gauche. Les pensions ne sont pas impayables. Si on activait les grandes fortunes de millionnaires comme Albert Frère, Étienne Davignon, le baron De Clercq, etc. avec une taxe des millionnaires, cela rapporterait 8 milliards d’euros pour le refinancement des pensions et la création d’emplois. Une réforme des pensions qui permette de garder le système de fins de carrière actuel et qui le refinance sérieusement est parfaitement possible. »
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