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Le service d’études du PTB réfute la réponse de Bekaert
Service de presse du PTBBekaert paie bel et bien des impôts, a affirmé la porte-parole de Bekaert, Katelijn Bohez, ce matin, dans une réaction au rapport du PTB sur les péripéties fiscales du groupe métallurgique. Que Bekaert soit très costaud en comptabilité inventive, nous le savions déjà. Mais que le groupe ait développé une nouvelle théorie économique prétendant que les coûts salariaux devenaient une sorte d’impôt, voilà qui est particulièrement novateur. Le service d’étude du PTB balaie complètement de la table les arguments de Bekaert contre l’étude du PTB (à lire ici).
Primo. Selon la porte-parole Katelijn Bohez, Bekaert paie bel et bien des impôts en Belgique, à savoir : « 128 millions d’euros par en en impôts, précomptes mobiliers sur les dividendes, ONSS et contributions sociales de l’employeur, ainsi que toute une série d’autres taxes et cotisations. » C’est absurde. Bekaert essaie ici de faire passer ses coûts salariaux pour une sorte d’impôt sur les bénéfices. C’est comme si vous refusiez de payer le boulanger parce que vous venez également d’acheter quelque chose chez le boucher. L’ONSS et les cotisations sociales de l’employeur ne sont absolument pas déduites des bénéfices, mais font partie des coûts salariaux. Le bénéfice, c’est ce qui reste quand vous déduisez tous les coûts du chiffre d’affaires. Et c’est ce bénéfice qui n’est pas imposé en Belgique. Que Bekaert soit costaud en comptabilité inventive, nous le savions déjà. Mais que Bekaert ait également développé une nouvelle théorie économique prétendant que les coûts salariaux devenaient une sorte d’impôt, voilà qui est particulièrement novateur. Les 16 millions de soutien à l’investissement que le gouvernement flamand a injecté dans Bekaert portent quand même leurs fruits, même si ce n’est pas de la façon escomptée.
Secundo. Il reste visible comme le nez au milieu de la figure que, grâce à une technologie fiscale de pointe – la déduction de l’intérêt notionnel –, le centre de coordination belge de la SA Bekaert bénéficie d’un avantage fiscal qui, pour la seule année 2010, s’élevait à 39.244.410 euros. « Notre société doit-elle continuer à accepter cela ? La déduction de l’intérêt notionnel a été introduite naguère pour stimuler l’emploi, pas pour liquider 600 postes de travail », déclare Raoul Hedebouw.
Tertio. Bekaert prétend : « Si Bekaert ne paie pas d’impôt en Belgique, c’est parce que Bekaert ne fait pas de bénéfice en Belgique. » Comment ça, pas de bénéfice ? Selon les comptes annuels que Bekaert a remis à la Banque Nationale, la SA belge Bekaert a réalisé exactement, en cinq ans, 124.640.172 euros de bénéfice. Bekaert a-t-il dans ce cas rentré des déclarations complètement fausses durant cinq ans ? Bekaert ment-il à ses actionnaires, alors ? Car, dans le dernier rapport annuel du groupe, le PDG Bert De Graeve annonce encore de solides chiffres de bénéfice : la branche EMOA (Europe, Moyen-Orient, Afrique) dont la Belgique fait partie peut, « grâce à la relance économique et à l’amélioration soutenue de notre échantillonnage de produits », s’enorgueillir d’un « volume d’affaires plus élevés et de bénéfices plus élevés dans toutes les branches d’entreprise ».
Quarto. Naturellement, Bekaert paie des impôts à l’étranger. Naturellement, Bekaert paie des cotisations à la sécurité sociale. Et sans doute monsieur De Graeve paie-t-il même dûment ses amendes pour stationnement interdit. Tout cela, c’est vrai. Il ne manquerait d’ailleurs plus que ça. « Mais ce n’était pas de cela que nous voulions parler », déclare le porte-parole du PTB. « Voilà ce dont nous voulons parler : sur les bénéfices de société qui ont été réalisés ces cinq dernières années par les sites belges de la SA Bekaert, cette dernière a payé 0,0 euro d’impôt des sociétés. Cette affirmation n’est pas réfutée par Bekaert. Ce serait également impossible, car tous les chiffres que nous utilisons figurent noir sur blanc dans le calcul des résultats que la SA Bekaert à déposés elle-même à la Banque Nationale. »
Quinto. « Bekaert tourne autour du pot, dans ce débat. Les épaules les plus fortes doivent-elles porter les charges les plus lourdes ? Ou tous les avantages sont-ils pour les actionnaires, et les inconvénients pour les travailleurs ? » En 2010, le groupe Bekaert a réalisé un bénéfice record de 399 millions d’euros – une augmentation de 133 %. Les dividendes des actionnaires ont encore été augmentés en 2010 de 70 % mais, aujourd’hui, les travailleurs doivent toutefois digérer 600 licenciements. Est-ce là « The Bekaert Way » (La façon Bekaert) dont s’enorgueillit tant le PDG Bert De Graeve ? », conclut Raoul Hedebouw.



