Province de Namur :: Le PTB triple son score
Réunis chez Thibault et Laurence à Noville-sur-Mehaigne (Eghezée), les membres du PTB namurois ont fêté la victoire hier soir. La télevision régionale Canal C a même fait le déplacement jusque là pour filmer l'ambiance et interviewer la tête de liste, Thierry Warmoes. Et à juste titre car, après le progrès enregistré en 2009, le PTB fait à nouveau une belle percée en province de Namur.
Gérard de SélysLes terres namuroises ne sont pas le terrain de prédilection du PTB. Il n'y a que très peu de grandes entreprises, le monde du travail y est surtout représenté dans les PME, et Namur est la seule ville d'une certaine envergure. Historiquement, le Parti Communiste n'y a jamais fait ses meilleurs scores.
Mais à Namur, le PTB peut compter sur une équipe dynamique et grandissante. Une soixantaine de personnes ont porté la campagne électorale et, durant la campagne, quinze personnes ont pris contact pour prendre une carte de membre, quinze autres ont proposé leur aide en commandant des affiches ou des tracts. « Tout ça est nouveau et témoigne de l'engouement chez une partie des gens pour notre alternative », explique Thierry Warmoes, tête de liste du PTB à Namur, « Ce qui est nouveau et très prometteur aussi, c'est que nous sommes maintenant dans une dynamique où les membres s'organisent entre eux pour mener la campagne. La force de notre campagne est que nous avions de petites équipes opérationnelles dans divers coins de la province : Maryvonne et André à Philippeville et Couvin, Alain et Bruno à Dinant, Frans à Andenne et son arrière-pays, Michel et Baudouin à Floreffe, Jemeppe, Fosses-la-Ville et Mettet. Et bien une plus large équipe sur Namur-ville. »
Et le résultat ne s'est pas fait attendre. En 2007, le PTB avait obtenu 1 503 voix ou 0,51 % sur toute la province. Aux élections régionales de 2009 il y avait déjà un progrès sensible, avec 2 321 voix (0,8 %). Cette fois on obtient le score historique de 4 456 voix, soit 1,55 %. Et au Sénat on fait même mieux : 4 831 voix (1,70 %). Dans tous les cantons (à l'exception de ceux de Beauraing, Gedinne et Rochefort dans le Sud-Est de la province), le PTB dépasse largement le pour-cent des voix. Dans plusieurs cantons le progrès est remarquable : le PTB quintuple ses voix à Ciney et les quadruple à Dinant. A Philippeville, Andenne et Namur, il y a un triplement. Dans les cantons les plus ouvriers de la province (Gembloux, Fosses-la-ville, Andenne, Philippeville, Walcourt) le PTB tourne autour des 1,6 à 1,7 %. Dans le canton de Namur on est même à 1,97 %, ce qui a permis à Thierry Warmoes de déclarer à la télévision régionale que le PTB ambitionnait d’avoir son premier élu à la ville de Namur en 2012. Plusieurs membres veulent déjà s'atteler à cette tâche dès demain, mais ce sera encore une lourde tâche.
La satisfaction est grande chez les membres qui ont travaillé dur durant cette campagne. Frans se dit « content qu'on a globalement progressé en pourcentage et nombre de membres ». Gérard estime que le score « témoigne d'une belle prise de conscience des gens de l'importance de solutions alternatives telles que nous les proposons. ». Cathy n'est pas surprise : « Depuis le début de la récolte des signatures, je sens vraiment un renouveau sur le terrain, les marchés. Il y a un changement chez les gens, c'est évident. Ca préfigure le meilleur pour les élections communales de Namur. ». Laurence a été au marché de Namur à la veille des élections, elle témoigne : « Ce sont surtout les jeunes et les personnes âgées qui ont trop petite pension qui nous écoutaient. Les jeunes ne veulent pas voter pour un des grands partis.,Mais face à la crise sociale, gouvernementale et économique, je suis tout de même qu'il n'y ait pas plus de gens qui ont voté pour nous». Et Frans de lui emboîter le pas : « Près de 14 % des gens n'ont pas voté pour un des quatre grands partis dans notre province, c'est plus que le score d'Ecolo. Nous devrions être capable de capter la moitié de ces voix, donc d'arriver à 7 %... » Là, il y a encore du pain sur la planche !
Enfin, les camarades namurois ne sont pas peu fiers d'avoir contribué au score du PTB dans les autres provinces. Ainsi, Bruno est chauffeur de bus à la STIB et il a convaincu pas moins de 50 de ses collègues à voter PTB. Et Jean-Pol qui travaille à l'office national des pensions à Bruxelles en a fait de même. Il a collecté des dizaines de signatures et même vendu le numéro spécial de Solidaire en néerlandais. C'est ça, l'esprit du PTB à Namur !



