Que peut et doit faire le Premier ministre contre les hausses de prix ?
En cette fin d’année, chaque famille va devoir batailler ferme pour maintenir son budget en équilibre. Le 15 décembre, juste avant les gros achats, il y aura encore un important rendez-vous : la manifestation syndicale.
Jo CottenierUn blocage des prix tout de suite : oui, ja, yes !
Les syndicats mobilisent pour une manifestation sur le pouvoir d’achat et pour le maintien d’une « sécurité sociale fédérale et forte ».
Pour le pouvoir d’achat, des mesures urgentes sont nécessaires. Les travailleurs vont devoir les arracher au gouvernement Verhofstadt. Des mesures qui allègent vraiment la pression sur le budget familial. Pas seulement sur celui des plus démunis, pour qui Verhofstadt a prévu une aumône. Le gouvernement envisage par exemple de limiter si fortement le fonds mazout que même une famille dont l’homme et la femme ne gagnent chacun qu’un salaire minimal n’obtiendra d’intervention que si elle a… sept enfants à charge.Tous les travailleurs ont droit à une compensation pour le coût de la vie en hausse permanente.
Le tout doit être financé par des mesures qui font payer les monopoles des secteurs de l’alimentation, la distribution et l’énergie. Car cela n’a aucun sens de donner quelque chose d’une main aux travailleurs pour le leur reprendre de l’autre. Par exemple sous forme de TVA ou d’autres impôts plus élevés ou en réduisant encore les services publics.
Les revendications syndicales pour le 15 décembre indiquent la bonne direction1. Ci-dessous, nous essayons de formuler quelque chose de concret, bout par bout. De façon à pouvoir mieux l’obtenir.
1. Intervention active contre les augmentations de prix excessives
Ou, plus concrètement : un blocage des prix et des prix maximums fixés par la loi, tant pour l’énergie que pour les denrées alimentaires de première nécessité.
Avant la libéralisation, il y avait un certain contrôle de l’État sur les prix du gaz et de l’électricité. Aujourd’hui, Electrabel et les autres géants de l’énergie peuvent imposer des hausses de prix qui n’ont rien à voir avec l’évolution des prix des matières premières.
Dans le secteur de l’alimentation, ce sont les grands magasins et les grandes entreprises agro-alimentaires qui nous font payer bien trop cher. Jusqu’au 1er juillet 2004, l’État fixait un prix maximum pour le pain. Généraliser ce système à tous les produits de base permettrait aux ménages de dépenser moins.
2. Baisse des tarifs du gaz et de l’électricité : écrémage des bénéfices des monopoles
Cela peut se faire très simplement en réduisant la TVA sur le gaz et l’électricité de 21 à 6 % et en compensant le manque à gagner pour les caisses de l’État par un précompte sur les bénéfices des géants de l’énergie. Le gaz et l’électricité ne sont pas des produits de luxe, mais des besoins de base.
3. Élargissement du fonds mazout pour maîtriser la facture de mazout
Le fonds mazout doit être ouvert à toutes les familles, à l’exception des 10 % les plus riches (qui gagnent plus de 75 000 euros par an). Irréaliste ? Le président de la FGTB, Rudy De Leeuw, a calculé qu’avec les 2,6 milliards que l’orange bleue avait l’intention de refiler comme cadeau aux patrons, on pouvait donner à chacune des quatre millions de familles du pays… 1 000 litres de mazout de chauffage gratuitement ! La chose peut être financée par une taxe supplémentaire sur les bénéfices des monopoles de l’énergie.
1 Les intertitres de cet article sont les revendications des trois syndicats
Le tabou sur la hausse des salaires est absolument intenable
Blocage des prix, hausse salariale, un impôt équilibré… tout cela peut aider votre portefeuille à se maintenir un peu mieux à niveau.
- La norme salariale doit disparaître et il faut des augmentations salariales plus substantielles
- 17 % de plus que la moyenne européenne. La productivité des travailleurs belges bat tous les records. Pourtant, nos patrons continuent à discuter de modération salariale avec le gouvernement. Ils ont imposé une norme salariale qui met un carcan autour de toute augmentation salariale sérieuse.
- L’essence et le diesel doivent être repris dans l’index
- Sinon la liaison des salaires et des allocations sociales au coût de la vie reste une fiction. Dans les plans de l’ex-futur Premier ministre Leterme, ce dernier avait promis de lier les allocations sociales non seulement à l’augmentation de l’index mais aussi à celle des salaires (liaison au bien-être). Mais qu’est-ce que ça rapporte quand, en même temps, on bloque les salaires et on falsifie l’index ?
- Les épaules les plus fortes doivent porter les charges les plus lourdes
- Les syndicats manifestent aussi pour une fiscalité équilibrée. Il faut en finir avec la distribution, d’année en année, de nouveaux cadeaux au profit des plus riches et des bénéfices des entreprises (dernier en date : les intérêts notionnels). En finir aussi avec les diminutions des cotisations patronales car, ici aussi, seuls les bénéfices s’en portent mieux.
- Les taux d’imposition des revenus les plus bas doivent diminuer (de 25 à 10 %) et les taux plus élevés doivent repasser au-dessus de 50 % (comme avant la réforme fiscale de Reynders, quand les super-riches étaient imposés à 52,5 et 55 %).
Et après le 15 décembre ?
Nous sommes dans une semaine décisive : le nombre de personnes qui manifesteront samedi 15 décembre pour le pouvoir d’achat et la solidarité dépendra de la mobilisation.
Et du nombre de manifestants et de leur combativité dépendra une fois de plus la suite qui sera donnée après la période de fin d’année. À ceux qui sont sceptiques quant à l’utilité d’une telle manifestation, disons : ce n’est que la première étape d’un plan de mobilisation et on ne peut s’attendre que l’action embraie tout de suite à la vitesse la plus haute.
Mais quand on rate une première accélération, on ne peut pas en atteindre une plus forte. Pour après les fêtes, on pense déjà à une journée nationale d’action, avec des concentrations régionales ou à une manifestation nationale en semaine. Avec grèves à la clef, bien entendu !
Sauvons le pouvoir d’achat et la solidaritémanifestation le 15 décembre, 10 h 30, gare du midi La FGTB, la CSC et la CGSLB organisent une manifestation nationale en front commun : • Pour une sécurité sociale fédérale forte • Pour une augmentation du pouvoir d’achat • Pour une fiscalité plus équilibrée 10 h 30, départ gare du Midi, Bruxelles. Des départs en train ou en bus ont lieu dans les principales villes du pays. Renseignez-vous auprès de votre délégué syndical. Infos disponibles sur www.fgtb.be, www.csc-en-ligne.be, www.cgslb.be et sur www.ptb.be |
Action PTB « touche pas à mes patates » le 15 décembre
Le PTB appelle tous ses membres à participer à la manifestation du 15 décembre. Retrouvez le PTB en action sur le parcours de la manifestation, devant son siège central au 171, bd M. Lemonnier. Podium animé, boissons, stands et action « Touche pas à mes patates ». Chaque manifestant recevra un dépliant du PTB « 10 points contre la vie chère et pour la solidarité » avec une patate gratuite. Une action ludique avec un produit symbole, témoignant de la hausse générale des prix. Les porte-parole du PTB s’adresseront aussi aux manifestants. Vous pouvez aider à distribuer les patates et les dépliants. Rendez-vous sur place, dès 10 h.
| Hebdomadaire du Parti de Travail de Belgique | bd M. Lemonnier 171, 1000 Bruxelles | 37e annee n°47 [1682) du 12 décembre 2007 Découvrez cette nouvelle formule et prenez un abonnement à l'essai |





