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08.06.10 17:19 | Il y a : 2 yrs
| Thème: Campagne taxe des millionnaires, PTB, Elections, Belgique, Elections home, Belgique

Taxe des millionnaires :: D’autres partis y pensent, mais…

Plusieurs partis ont réagi à la proposition de taxe des millionnaires du PTB. Au PS, on reporte la taxe sur les fortunes aux calendes grecques. Et au sp.a, chez Groen! ou Ecolo, on en propose seulement une copie… ratée.

Marco Van Hees

Elio Di Rupo aurait-il inventé le concept de vote inutile ?

Interrogé sur la taxe des millionnaires du PTB+, le président du PS répond à la Libre Belgique : « Le jour où la famille socialiste aura la majorité absolue au Parlement, du côté francophone comme du côté flamand, pas de problème, je m’engage à prendre cette mesure directement. » (04/06/10).

Pour le même prix, Elio Di Rupo aurait pu ajouter : « Le jour où les poules auront des prothèses dentaires, elles seront remboursées par la Sécu. » Car comment comprendre que le PS conditionne un combat essentiel à la réalisation d’une condition qui risque – a fortiori avec de tels discours électoraux – de mettre quelques siècles à se réaliser.

Ce point de programme, pourtant essentiel  à réaliser si on veut éviter que les conséquences de la crise ne soient payées par les travailleurs, n'est pas repris dans les dix points du contrat au citoyen qu'a présenté le PS ce dimanche.

On trouve la revendication d’un impôt sur la fortune dans un petit coin du programme du PS pour les élections fédérales de 1991, 1995, 1999, 2003, 2007 et 2010. Mais sur cette vingtaine d’années, aucun parlementaire PS n’a jugé utile d’introduire une proposition de loi en ce sens. Pourtant, Jean-Marc Delporte, un des principaux dirigeants du ministère des Finances, étiqueté socialiste (et dégommé depuis par Reynders), avait publié un rapport sur la faisabilité d’un tel impôt dans notre pays.

Comment se fait-il que le PS invoque en permanence son impuissance à faire passer des mesures de gauche à cause – au choix – des libéraux, des flamands, de l’Union européenne, voire de la finance internationale, alors que le MR de Didier Reynders fait passer sans problème la suppression des tranches supérieures d’imposition, l’amnistie fiscale, les intérêts notionnels, la réduction de la TVA sur les restaurants, etc. ?

En insérant dans son contrat avec l’électeur une clause résolutoire dont la réalisation est hautement improbable, Elio Di Rupo n’aurait-il pas, en fin de compte, inventé le concept de vote inutile ? Le meilleur moyen de sortir la gauche de cette impasse politique n’est-il pas d’envoyer un moustique PTB+ au Parlement ?

La copie a des ratés

La campagne du PTB pour la taxe des millionnaires n’a pas neuf mois d’âge qu’elle semble inspirer d’autres partis en ces temps électoraux.  Le PTB+ n’a pas encore d’élu qu’on lui vole déjà ses idées.

« Nous sommes généreux, nous nous n’exigeons pas un copyright payant. Nous ne sommes pas contre les copies, mais elles doivent être faites correctement. Or les copies du sp.a et Groen! présentent de grosses lacunes. », estime Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB+, suite à la reprise de l’idée d’un impôt sur la fortune par des partis de gauche.

Le sp.a avait déjà inventé l’impôt sur les bénéfices de la fortune, voilà que Groen! (et Ecolo de manière moins prononcée) reprend la même idée.
Il s’agit, pour Groen! et sp.a, de taxer les revenus de la fortune. Dans la proposition de Groen! qui rapporterait 7,5 milliards (quasiment autant que le PTB+), les écologistes proposent de supprimer le précompte immobilier et les droits de succession.

Mais ils veulent étendre les ménages touchées par cette mesure. Ainsi elle toucherait 15 % de la population, en commençant par taxer les fortunes au-dessus de 200 000 euros.

Par contre, la proposition du PTB+ vise seulement 2% des ménages, ceux qui ont une fortune au-delà d’un million d’euros, habitation principale non comprise.

Et surtout le produit de cet impôt pour Groen! ne servirait pas créer de l’emploi public ou à refinancer les pensions. Non, il servirait à baisser les cotisations patronales, dans l’espoir que le privé créerait ainsi du travail. Or aucune étude n’a prouvé l’impact positif sur l’emploi de ces baisses de cotisations patronales. Par contre l’impact de ce genre de mesures sur la hausse des dividendes des actionnaires a bien été démontré… On le voit, on peut être content d’être copié, encore faut-il que la copie soit réussie…

Marco Van Hees est tête de liste PTB+ pour le Sénat aux élections du 13 juin.